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Valerie touzé
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LE TRAUMATISME VICARIANT (TV)


Dans le cadre de leur travail, de nombreux professionnels écoutent, accueillent des personnes en souffrance, avec leurs histoires et leurs traumatismes. Or il arrive que la répétition de ces situations altère psychologiquement, neurobiologiquement ces professionnels et peut les amener à développer un traumatisme vicariant. En effet accompagner la détresse d’autrui n’est pas sans conséquence et expose les intervenants à différents traumas psychologiques.

Ainsi les éducateurs, les avocats, les psychologues, les policiers, les magistrats, les assistantes sociales… peuvent souffrir d’entendre régulièrement le malaise, le supplice des autres.

Le traumatisme vicariant n’est pas lié à un trauma spécifique mais à une accumulation de charges émotives. Le TV, bien que lié à l’exposition à la souffrance, ne résulte pas de l’exposition directe aux éléments physiques de l’événement mais de l’engagement empathique avec les récits des personnes ayant directement vécu les événements. Le TV s’insinue insidieusement chez le professionnel.

L’exposition indirecte chronique aux traumatismes, inhérente au métier d’intervenant dans la relation d’aide serait responsable de l’usure des facteurs protecteurs et pourrait conduire au développement d’un trouble de stress posttraumatique (Posttraumatic Stress Disorder PSTD ou TSDT troubles du stress post-traumatique) comme une personne qui aurait directement vécu un événement traumatisant (même s’il faut distinguer un trauma direct d’un trauma vicariant).

Cette détresse psychique peut alors entraver de manière significative le fonctionnement personnel, social, professionnel de la personne touchée.

Comment peut-on s’en apercevoir ?

Différents signes doivent être rapidement pris en compte pour ne pas développer un Stress Post Traumatique. Des signes tels que : APATHIE, EPUISEMENT, IRRITABILITE, CYNISME, DETACHEMENT, DESILLUSION, SENTIMENT de COLERE, BAISSE DE PERFORMANCE, FATIGUE, NAUSEE… Si ces signes persistent, il faut réagir et se faire aider par un professionnel pour ne pas développer des symptômes plus invalidants.

Parfois la personne a en quelque sorte intériorisée le traumatisme et développe elle-même des symptômes Stress Post Traumatiques. En voici quelques-uns :

  1. Reviviscence d’un événement que le professionnel n’a pourtant pas directement vécu. Flashbacks
  2. Sommeil perturbé, cauchemars récurrents de l’événement
  3. Hypervigilance (état d’alerte constant, réactions de sursaut)
  4. Evitement des situations rappelant l’événement traumatisant
  5. Agoraphobie
  6. Douleur Chronique, troubles cardiaques
  7. Colères
  8. Difficultés de concentration, d’attention
  9. Addiction pour apaiser le TV…

Sur le plan physiologique, ce stress entraîne une sécrétion de cortisol qui crée une perturbation des systèmes endocriniens et immunitaires. Si ce dérèglement perdure, un remodelage des voies de la réponse neuronale au stress s’opère principalement dans l’hippocampe, les amygdales et le cortex préfrontal. Le cerveau traumatisé déclenche la réponse qui permet de survivre sans être capable de mesurer l’importance du danger. C’est pourquoi il est indispensable d’être suivi.

DIFFERENCES entre le BURN OUT (épuisement professionnel)

La fatigue de compassion ou l’usure d’écoute est différente du trauma vicariant. La fatigue de compassion décrit l’affaiblissement des capacités professionnelles consécutif à l’exposition à la souffrance d’autrui manifesté par des symptômes tels que la fatigue, l’épuisement émotionnel et un sentiment d’isolement. LE CIM 11 reconnaît le burnout comme un phénomène professionnel et non comme une maladie.

Que faire au sein de l’institution pour prévenir le TV ?

  • Connaître et reconnaître le traumatisme vicariant
  • Espace de parole (s’autoriser à exprimer ses émotions, dire ses difficultés…)
  • Lectures appropriées sur le sujet
  • Briser l’isolement
  • Pas de surcharge de travail, s’obliger à faire de vraies pauses.
  • Se fixer des objectifs de travail réalistes
  • Repérer ses changements d’humeur
  • Limiter les descriptions horrifiantes des traumas en supervision ou en formation
  • Se former régulièrement permet une mise à distance (plus notre degré de compétence est faible plus grand est le risque)

QUE FAIRE à titre INDIVIDUEL pour prévenir le TV ?

  • Travailler ses propres traumatismes. Par exemple, un récit qui fait écho à son propre traumatisme les symptômes peuvent s’accentuer (traumas antérieurs non résolus peuvent être réactivés)
  • Prendre régulièrement du temps pour soi
  • Se déconnecter vraiment
  • Exercice de relaxation, méditation de pleine conscience
  • Apprendre à s’écouter, repérer les signes avant-coureurs
  • Bonne hygiène de vie
  • Eviter d’écouter trop d’informations violentes
  • S’entourer de gens bienveillants
  • Soutien psychologique

Ce texte est réalisé à partir des articles suivants :

BLAVIER A. Le traumatisme vicariant Dossier scientifique in Cn2r Centre national de ressource et de résilience

Le traumatisme vicariant ou quand les traumatismes des soignés deviennent ceux des soignants in, Perspective infirmière -Hiver 2024

BRILLON P. Fatigue de compassion et trauma vicariant. Quand la souffrance de nos patients nous bouleverse in Psychologie Québec / dossier volume 30 / numéro 03 / mai 2013


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